• Après les évènements perpétrés à Toulouse contre une école juive, le pasteur Claude Baty, Président de la Fédération Protestante de France (FPF) a transmis le communiqué suivant :

    "Réaction de Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (AFP - 19/3/2012).

    Tuer des enfants est sans doute l’acte barbare par excellence. Quand s’ajoute, ce qui semble probable, un choix lié à la religion, notre horreur augmente. J’exprime mes vives condoléances aux familles endeuillées. Ces meurtres après ceux de Montauban, cherchent à diviser et à opposer dans la violence. Je souhaite qu’à la violence aveugle ne soit pas opposée la vengeance aveugle, mais la volonté de résister à l’engrenage violent pour rechercher la paix, malgré tout.

    Pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France"


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  • Il y a des violences destructrices visibles (car violences physiques) mais qui peuvent devenir indicibles à cause de leurs  cruautés ; et ces violences nous laissent sans voix. Il y a aussi des violences destructrices de type moral qui peuvent devenir invisibles et indicibles car elles sont l'objet d'un tabou. je fais allusion ici (violences visibles) au meurtre de la jeune Agnès, au Chambon sur Lignon, mort survenue en dehors du Collège Cévenol dont elle était l'élève ; tout comme le présumé auteur de ces violences hors du commun. je fais allusion aussi aux violences invisibles d'ordre médiatique qui se saisissent de ces faits douloureux pour les mettre en scène, les divulger, les amplifier, mettre les spectateurs -voyeurs en état émotionnel intense, etc...

    1 - J'imagine sans peine que les personnels du collège, accompagnés par le pasteur du Chambon ont fait le nécessaire pour soutenir la famille d'Agnès et les élèves de l'établissement. je voudrais ici me pencher sur l'auteur ou plus précisement le présumé auteur de ces violences. S'il est nécessaire de dire à haute voix que ces faits sont indignes d'un être humain et sont, sans doute signes d'un fort dysfonctionnement psychique, il est aussi nécessaire de se demander comment notre société est capable de produire de tels faits.

    Sans vouloir répondre à cette question de manière exhaustive, je pense depuis longtemps que notre société de consommation dans laquelle la société cvile (c'est à dire vous et moi) est muette, produit une culture de l'infantile. Je m'explique.  Fonctionner dans le "tout de suite", dans le "moi rien que moi", dans "la satisfaction de toutes les envies", dans "l'absence de différenciation entre le bien et le mal", etc... est typiquement un fonctionnement infantile, typique du tout petit enfant. Ce fonctionnement largement pratiqué par chacun de nous (il suffit de nous observer aux volants de nos voitures automobiles) est de plus en plus normatif voire normal. Lorsqu'il s'installe comme un fonctionnement usuel, il révèle une personnalité pathologique de type psychopathique. Cette personnalité a été bien décrite par Stévenson dans son célébre livre "Docteur Jeckyl et Mister Hyde". Ainsi je fais l'hypothèse que la caricature de l'individu post moderne, sur son versant pathologique est le psychopathe alors que la caricature de l'individu moderne sous l'angle pathologique (année 70) était le toxicamane. 

    Il me semble que ce qui nous manque aujourd'hui c'est la capacité de nous construire chacun sous le regard bineveillant des autres en mettant à distance "la toute puissance" qui me fait croire que je suis au dessus de la Loi et le conformisme total qui m'empêche de penser par moi-même et de me sentir responsable de ce que je fais.

    2 - Je me pose de nombreuses questions sur le rôle des médias d'information quand ils relatent des évènements dramatiques comme celui qui a eu lieu au Chambon sur Lignon. Il me semble que les médias d'information dépassent largement leurs rôles quand ils recherchent des responsables (ceux par qui le drame est arrivé) alors que la justice a trouvé le coupable. Il me semble qu'ils présentent une dimension morbide quand ils reviennent constamment sur les faits de manière plus émotionnelle que rationnelle. Ils me semble qu'ils cherchent à nuire à autrui lorsqu'ils entrent dans les réalités locales et portent leurs investigations sur l'établissement scolaire dans lequel étaient scolarisés la victime et l'auteur présumé. Peut-on dire que les médias d'information ont eu ici un rôle mortifère et que leur passage, bien loin d'apaiser et de conduire vers un retour à la vie, met de "lhuile sur le feu" et attise les suspicions à l'égard des personnes et des structures. 

    J'espère de tout coeur que les personnels et élèves du collège, ainsi que les familles et les habitants à proximité arriveront encore et ensemble à croire en la vie...

    Edith TARTAR GODDET

     


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  • La question de la violence dans le cadre scolaire est toujours d'une brulante actualité. Cette violence destructrice, dont les formes sont diverses, nécessite des actions complexes, multiples de la communauté scolaire.  Et les personnels ne sont pas toujours formés pour ces faits... Mais ces faits de violences masquent souvent des faits nettement moins graves qui "bousillent" le quotidien des enfants, des enseignants et des familles. Il s'agit de VIOLENCES SYMBOLIQUES qui détruisent les liens relationnels entre les personnes. Ces violences s'expriment dans l'indifférence, le désintérêt, la chosification des autres... Ces petites violences ou douces violences se produisent partout et chacun de nous peut en être auteur, victime ou témoin dans sa vie personnelle ou sociale.

    Le petit livre de Christine SCHUHL et Denis DUGAS aborde les diverses formes que prennent ces petites violences qui se manifestent dans notre quotidien. Sous forme de bandes dessinées, nous pouvons voir comment elles s'introduisent dans les relations sans que nous ne nous en apercevions...

    L'ouvrage est visible sur le site de Non Violence Actualité

    Edith TartarGoddetEt si l'on se penchait sur les petites violences du quotidien... 


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  • Le métier d'enseignant ne peut plus être un métier solitaire en particulier dans les lieux scolaires où les difficultés quotidiennes sont nombresues. Le métier doit devenir SOLIDAIRE.. mais où apprend-on à travailler les uns avec les autres, dans une institution basée sur la compétence, l'excellence de ses personnels?

    Pour aborder cette question de l'entraide, du soutien entre  collègues , les seuls savoirs ne sont pas suffisants seuls. Chacun est convaincu de la pertinence de repenser les relations professionnelles, mais comment fait-on pour travailler en équipe, construire des réseaux, collaborer avec les familles...?

    Des outils corporels et relationnels tels que le jeu du parachute, le crayon coopératif, etc.. permettent d'expérimenter le travail ensemble car si les participants ne sont pas en phase les uns avec les autres au moment de l'action: il ne se passe rien! Pratiquer le parachute dans le cadre de formations professionnelles sur site est une expérience intéressante et enrichissante pour chacun : la découverte de l'outil, les tatonnements succesifs, l'absence de "leader" pour piloter l'action, rendent humbles et conduisent les participants à modifier spontanément leurs positionnements pour faire et réussir les uns avec les autres. 
    Ces jeux sont visibles sur le centre ressources : Non violence actualité. Edith TARTAR GODDET

     

    Edith TARTAR GODDETLe jeu coopératif comme moyen de travailler ensemble... 


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  • Tous responsables, aucun coupable L’opinion publique, via le médiatique d’information, cherche la cause des difficultés d’apprentissage et de comportement de certains enfants ou élèves au cours de leur scolarité primaire et secondaire, la cause des difficultés des étudiants durant leurs cursus universitaires, la cause des échecs aux examens de milliers de jeunes qui sortent de l’école, après 15 à 17 années de scolarité sans aucun diplôme en poche.

    Arrêtons de chercher des causes et des coupables

    Chercher la cause de l’échec scolaire est une erreur de stratégie car il y a différents problèmes dans l’examen de l’échec scolaire et de multiples causes, interdépendantes les unes des autres, qu’un œil individuel (journaliste, politique, citoyen…) ne peut discerner seul tant l’institution scolaire est d’une extraordinaire complexité. Chercher les causes de l’échec scolaire par la recherche d’un coupable est une erreur de perspective car s’il y faute et accusation, il y a nécessité de rechercher non pas un mais de multiples coupables. Chercher les causes de l’échec scolaire par l’approche quantitative de données objectives recueillies au cours d’évaluations diverses et variées est une erreur d’analyse car l’analyste, le plus compétent soit-il, observe l’univers scolaire à travers sa propre subjectivité d’ancien élève et/ou de parent.

    Arrêtons de chercher les causes, cherchons des solutions…

    Chercher à résoudre l’échec scolaire de l’école et des élèves par la recherche de causes qui représenteraient des fautes commises par telle ou telle structure, tel ou tel corps social, telle ou telle personne est une formidable erreur de jugement car la recherche de coupables n’a jamais fait progresser ni les individus, ni les structures dans les quelles ils interviennent. La caractéristique du présupposé coupable est de se défendre, de se protéger des attaques qu’il subit pour atténuer les effets de la culpabilité qui lui est reprochée. Pendant ce temps, il ne pense pas à réfléchir aux problèmes posés par l’échec, à les analyser, à proposer des solutions et à les expérimenter. Il est grandement temps de préférer, au terme coupable ou culpabilité, le concept de responsabilité : être responsable, c’est répondre de certains faits à partir d’un questionnement pertinent en mettant en place des réponses créatives, innovantes ou réparatrices aux questions posées. La recherche de solutions viables s’appuie sur l’analyse des situations - problèmes qui ont été observées. Ce travail nécessite une implication de toutes les parties en présence (professionnels, famille, élèves…) afin de chercher ensemble des solutions adaptées aux contextes et réalités locales.

    Dépassons nos vieilles habitudes assez typiquement françaises

    Ces nombreuses habitudes produisent des effets morbides sur les personnes (élèves et leurs familles, personnels scolaires…) et sur le fonctionnement des établissements. En voici quelque unes : - Pointer ce qui ne va pas et ne jamais percevoir ou valoriser ce qui va bien. Se positionner essentiellement dans la critique, les reproches et les regrets… - Fonctionner en termes de rivalité : travail en solitaire pour les enseignants et non travail en équipe ; absence de partenariat avec les familles ; compétition entre élèves plutôt que collaboration… - Transformer les utopies ou projets en illusions (productions de l’imaginaire) : comme « l’égalité des chances » en termes d’accès pour tous aux savoirs, se transformant en « réussite pour tous aux examens » ; le rôle formatif de l’école (instruire, éduquer le futur citoyen et professionnel) se transformant en rôles réparateurs ou rééducatifs dans tous les secteurs (famille, société, santé…) - Idéaliser l’école : nostalgie à l’égard de l’efficacité de l’école de jadis ; croyance démesurée dans les capacités de l’école à faire face aux enjeux de société… - Institution centrale de notre société, l’école continue à fonctionner dans la tradition de la troisième République et n’évolue pas sur le « fond » - Et pour finir l’infantilisation des personnels, des élèves et des parents à tous les niveaux de l’institution : rectorats, inspections, établissements.

    Il y a lieu de se réjouir…

    De nombreuses initiatives voient le jour ici et là sous forme d’expériences d’enseignants, de parents ou d’établissements qui se mobilisent sur un projet, une action… Ces expériences, ces innovations sont visibles et lisibles sur l’Internet et peuvent inspirer ceux et celles qui désirent adapter profondément l’école aux mutations de toutes sortes que vit notre société. Des lieux de parole se créent, se développent pour confronter les points de vue et s’enrichir les uns les autres du témoignage de chacun. Par exemple, ATD Quart Monde se mobilise, le 17 octobre 2011 dans le cadre de la journée mondiale du refus de la misère, pour une école pour tous : quelle école pour quelle société ? Et quelle société pour quelle école ? Les expériences peuvent se partager sur le site Internet www.parolespourlecole.org

    Edith TARTAR GODDET

    Psychosociologue

    Présidente de AP2E


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